Une femme Médecin de campagne répond au Président de la République
mardi 2 octobre 2007 par REVEYRON THERME Guillemette
Monsieur le Président,
Nous avons écouté votre discours aux pompiers dans lequel, une nouvelle fois les médecins généralistes sont montrés du doigt parce qu’ils ne voudraient plus travailler la nuit et les week-end, ni aller s’installer dans de petites communes rurales. Monsieur le président, un médecin généraliste travaille en moyenne 57 heures par semaine. En zone rurale où j’exerce ce chiffre avoisine les 70 heures. Sans être paresseuse, je ne peux plus me relever la nuit pour courir au chevet de mes patients. Je l’ai fait pendant 20 ans, pendant mes grossesses, puis en essayant de ne pas laisser seuls la nuit mes 5 enfants (nos campagnes sont parfois aussi peu sûres que nos banlieues). Une nuit à deux heures du matin, je me suis endormie sur la route lors d’une visite, en réponse à un appel. J’ai réussi à éviter le fossé, il s’agissait d’une crise de nerf sur « conjugopathie ».
Cet exemple illustre la réalité de l’exercice en milieu rural. Nous sommes « de service » parfois 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, de gré ou par la force des réquisitions préfectorales.
Si je m’étais tuée en voiture, cette fameuse nuit , je n’aurais pas reçu de médaille et mes enfants n’auraient eu droit à aucune aide. Nous sommes dans l’illégalité la plus totale, indéfendables sur le plan juridique en cas d’erreur diagnostique, inassurables avec de tels horaires de travail à un si haut niveau de responsabilité. Nous travaillons jusqu’à l’épuisement, et sans autre reconnaissance que le discours monocorde, délétère sur les insuffisances des médecins généralistes.
Pourquoi la jeune génération, selectionnée au concours de première année de médecine sur son intelligence, serait elle assez bête pour se lancer dans une telle aventure ?
Monsieur le président, je ne vous ferais pas l’injure de penser que vous ignorez cette situation.La vie d’un médecin n’a plus rien de poétique entre le harcèlement paperassier des Caisses, la pression de travail au quotidien, l’impossibilité de se reposer la nuit ou le dimanche, les kilomètres à parcourir pour les visites, et le risque juridique à chaque consultation.
Les services d’urgence reçoivent le quart de la population française chaque année en France...Ce chiffre pharaonique ne reflèterait-il que l’incapacité des libéraux à assurer leur tâche ? Ne peut-on pas l’interroger comme une manne financière et une porte d’entrée vers l’hôpital public ? Un français sur quatre, chaque année serait-il à ce point malade qu’il ne puisse attendre d’être reçu par son médecin ?
Monsieur le président, la permanence des soins est une mission de la fonction publique. Beaucoup, parmi nous, rêvent de devenir enfin des salariés de la fonction publique, travaillant 35 heures par semaine avec rémunération et défiscalisation des heures supplémentaires. Il ne serait même plus envisageable de nous réquisitionner pour travailler la nuit., ni le week-end. Pourquoi ne pas nous faire un telle proposition ?
Demain les assurés sociaux qu’ils soient du sud comme du nord, de la ville comme de la campagne, devront parcourir des kilomètres ou attendre longtemps, pour se faire soigner. Les médecins généralistes , eux aussi ont puisé dans leurs ressources de patience, de compétence, de courage, de tolérance, mais faute de moyens pour exercer l’ensemble de leurs missions, et en l’absence de reconnaissance, la médecine générale ne pourra que disparaître.
Veuillez recevoir, Monsieur le Président, l’expression de mon espoir d’un autre discours à l’avenir et de ma plus haute considération,
Dr Guillemette REVEYRON
172 place du Champ de Foire
01400 Chatillon Sur Chalaronne
Médecin Généraliste
Elue Espace Génraliste Rhône-Alpes
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Forum
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Une femme Médecin de campagne répond au Président de la République11 octobre 2007, par Eric Theron
Bonjour, si le problème daté que de ces derniers mois ou années, il n’y aurait pas de soucis. En réalité il date de 2000. A l’époque la "départementilisation" des CS et CSP avait volontairement mis sur la touche les MG SPV. Je m’en etait ému sur un forum très connu a l’époque de vous tous. Résultat : aucune réactions syndical :o( Sauf un copain qui m’a écrit en courriel privé, que je vous joint sans son nom :
mardi 19 décembre 2000
COURRIER D UN MEDECIN CHEF DEPARTEMENTAL
A UN MED CAPITAINE VOLONTAIRE
salut Eric,
comme je te comprends.....
Tu viens de réaliser ce qui se passe au niveau National et pas seulement dans ton département.
Le SAMU/Centre 15 mène sa politique a savoir qu’ils sont les seuls a savoir faire de l’urgence...
Les Sapeurs Pompiers ont entrepris depuis deux à trois ans une réforme visant à une certaine cohérence dans le même temps ou la départementalisation se faisait.
Cela a consisté à obtenir d’abord, d’avoir un SSSM reconnu dans les textes ,ce qui ne peut qu’avoir notre assentiment.
Ensuite les SP par l’intermédiaire de la FNSP ont surtout voulu développer une médecine du Travail avec des médecins plein temps Professionnels. En particulier , ils se sont empressés de changer le plus vite possible les médecins Chefs Généralistes libéraux exerçant à temps partiels par des Pro, dont les préoccupations ne sont évidemment pas de favoriser ou protéger les MSP Volontaires.
A la différence de ce qu’ils ont fait pour changer les statuts , la formation initiale, et définir les nouvelles missions des SP ; en faisant des enquêtes sérieuses dans l’ensemble des départements auprès des volontaires, ils n’ont fait aucune enquête sérieuse auprès des Médecins /Pharmaciens/Infirmieres/Sapeurs Pompiers pour connaître si cela était compatible avec leur activité et leurs souhaits,et ils ont accepté et favorisé l’inacceptable :
- Un référentiel métier du SSSM fait sans évaluation auprès des intéresses.
- Un texte de loi instituant un SSSM dans lequel les médecins mais aussi les infirmières les pharmaciens et les vétérinaires VOLONTAIRES doivent désormais suivre une Formation initiale obligatoire de 2 ans avant de pouvoir être intégré, cette formation se déroulant sur Paris à Nainville, et aussi soit à Strasbourg, soit à Bordeaux, et aussi dans le département.
Cette formation coûte 25000 frs et doit être payée par le SDIS d’appartenance du Medecin.Malgré les interrogations sur les menaces que cette obligation faisait peser sur l’engagement et donc le renouvellement des Médecins Sapeurs Pompiers, cette mesure à été confirmé par la DSC avec l’aval de la FNSP.
Malgré le fait également que depuis trois ans que cette formations avait débuté ,à titre expérimentale et non obligatoire, les médecins Chefs recevaient plusieurs courriers pour chaque session nous demandant de trouver absolument des candidats car il n’arrivaient pas à remplir , la Direction de la Sécurité Civile n’a pas jugée bon de prendre ces remarques en considération, ni le fait que deux formations de 30 personnes par an, cela ne couvrait même pas les remplacements pour départ à la retraite....
La plus part des médecins Chefs étant désormais des temps pleins, ou encore des médecins de Samu, bien entendu non motivés pour se battre contre cela.
Sais-tu que la commission d’étude et d’évaluation du SSSM crée par la loi depuis deux à trois ans est composée d’un seul Médecin Sapeur pompier volontaire de base. Les autres sont tous : soient des médecins Chefs ou adjoints, soient des Professionnels, soient des SAMU ; soient des médecins Militaires, ou encore du Conseil de l’Ordre...
Cette commission est celle qui décide de l’avenir du SSSM et les Sapeurs Pompiers ont accepté cela sans broncher ....
Imagine une commission qui ait en charge de décider de l’avenir des samu composé d’un ou deux médecins de samu et les dix autres de médecins non hospitaliers....Quel tollé....
J’ai annonçait que si ses mesures n’étaient pas repportées, cela signifiait la mort du SSSM des volontaires en ce qui concerne l’aspect opérationnel c’est à dire les secours sur le terrain , par disparition des Médecins SP...
Les SP par la FNSP ont définitivement pris une position claire bien qu’ils s’en défendent.
Un Service de Santé et de Secours Médical Professionnel, pour faire les Visites d’aptitudes, et aussi pour avoir un Docteur qui fasse le pendant au SAMU ; qu’on puisse mettre en avant dans les plans rouges etc... ;
Quand au fait que les Médecins sapeurs Pompiers Volontaires disparaissent, cela n’est pas un problème pour les Sapeurs pompiers , dont le regard sur l’avenir est clairement orienté vers une évolution de type paramédics à l’américaine.
Ils ont analysé la démographie en France et le fait que 80% de la population est en site urbain.
Bien sûr cela leur pose encore des problèmes actuellement, car s’ils ne veulent plus des médecins Volontaires, ils n’ont pas encore les possibilités légales de faire ce travail de paramédic.
Ils sont déjà autorisés pour la défibrillation semi automatique, et viennent de perdre une petite bataille , mais certainement pas pour longtemps , celle d’être autorisé à prendre les tensions artérielles.
Alors en attendant ils se sont orientés vers les Infirmiers SP, qui peuvent assurer l’acte le plus courant dans les détresse importantes : la mise en place des voies veineuses...Leur demande insistante pour avoir des protocoles de médicalisation en absence de médecins est d’ailleurs un signe.
Dans l’ensemble des départements , les Infirmiers SP ont été recruté avec force cérémonies. ; La FNSP leur accordant une grande place dans les congrès, les réunions etc.... .
Dans quelques années, lorsque les textes permettront aux SP de faire le Paramédic, les Infirmieres SP se feront jeter comme des kleenex ainsi que l’on vient de faire avec les Médecins Sapeurs Pompiers volontaires.
Un seul mouvement peut peut-être inverser la tendance , mais je n’y crois guère : une action forte d’une très grande quantité de Médecin Sapeurs Pompiers volontaires ...
Tenu de par mes fonctions ….à un devoir de réserve, je n’ai pas pu malheureusement agir sur ce plan là ;
Avec mes amitiés attristées.
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Conseiller santé de Nicolas Sarkozy, Philippe Juvin répond à Guillemette Reveyron / {Mise en ligne}3 octobre 2007, par NEVIANS Pierre
Chère Confrère,
Votre témoignage est particulièrement émouvant et reflète parfaitement le quotidien difficile des médecins généralistes dans l’exercice de leurs fonctions et les nombreuses préoccupations auxquelles ils sont confrontés chaque jour, notamment en zone rurale.
Je puis vous assurer que le Président de la République en a une parfaite connaissance et y est très sensible puisque l’amélioration des conditions d’exercice des professionnels de santé, et notamment des médecins généralistes, dans les communes rurales est l’un des axes majeurs de son programme présidentiel.
Je suis désolé que les termes de son discours aient pu prêter à confusion. Le Président sait l’investissement humain des médecins généralistes et les considère depuis toujours comme le pivot du parcours de soins des patients. Il nous faut poursuivre, tous ensemble, l’amélioration de la coordination entre les différents acteurs de santé au bénéfice de ces derniers et des patients. Tel est son objectif.
J’espère avoir pu par ces quelques mots vous rassurer sur la pensée du chef de l’état quant à votre (notre) profession dont l’altruisme n’est plus à démontrer.
Cordialement,
PJ
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Propos du candidat et du Président3 octobre 2007, par NEVIANS Pierre
Voici ce que Nicolas Sarkosy a dit en 2006
"Les professions de santé aiment leur métier et font preuve d’un dévouement peu commun. Mais elles n’en aspirent pas moins à davantage de reconnaissance, à des perspectives professionnelles plus diversifiées et plus attrayantes, à des conditions de travail moins pénibles, à un meilleur équilibre entre leurs activités et leur vie de famille. Et comme le reste de la population, leurs attentes ne sont pas immuables et monolithiques. Il y a par exemple de plus en plus de jeunes médecins de ville qui ne souhaitent pas forcément ouvrir leur propre cabinet et travailler de manière isolée, mais préfèreraient exercer en équipe, partager leur temps entre la ville et l’hôpital, voire tout simplement être salariés. "
En 2007, le Président Sarkosy dit devant les Pompiers
Pour nombre de gens en France, « trouver un médecin » devient une préoccupation. L’incompréhension de la population est réelle et chacun peut faire valoir son expérience personnelle ou celle de proches de la difficulté de joindre en dehors des heures ouvrables, le samedi, le dimanche ou les jours fériés, un médecin libéral de garde ou la régulation libérale lorsqu’elle existe … on pourrait citer de nombreux exemples de dysfonctionnements. La presse et les élus s’en font l’écho.
J’entends bien que l’on me dit que c’est l’évolution de la société, que les médecins comme la population en général aspirent à une vie familiale et au repos, que par ailleurs, la population médicale est mal répartie et qu’il existe des territoires particulièrement touchés qui ne peuvent plus assurer de garde. Mais j’entends aussi lorsque l’on me dit que des tableaux de permanence laissent vacants des secteurs entiers.
Ce n’est pas tant la démographie médicale actuelle qui est préoccupante, dans notre pays que ses évolutions à moyen terme qui, malgré l’augmentation du numerus clausus, laissent augurer une baisse de 9% du nombre de médecins avec des inquiétudes sérieuses pour les zones rurales.
C’est un sujet de société majeur. Et, dans ce domaine, je souhaite en appeler à la responsabilité individuelle de manière plus forte. Les libertés d’installation, de prescription, de choix par les patients de leur médecin, auxquelles nous sommes tous profondément attachés, vont de pair avec une responsabilisation de tous les acteurs. Il n’est pas normal que la répartition des médecins sur le territoire soit aussi inégale, il n’est pas acceptable que la permanence des soins ne puisse être assurée. Il y a là des mesures à prendre pour assurer ce service public. Il en va de l’accès aux soins des français. Nous ne pouvons accepter plus longtemps cette situation. Il est temps de trouver des solutions concrètes pour l’accès à une aide, un conseil, un soutien, un médecin ou un plateau technique en cas d’urgence. J’attends des propositions en ce domaine de Madame la Ministre de la santé et de l’ensemble des professionnels concernés.
Dans cette chaîne complexe de la permanence des soins, tout se tient. Nous le savons ce sont souvent les urgences qui pallient les insuffisances de la médecine de ville : la tendance est croissante, soit de façon explicite, soit de façon implicite, de confier la permanence des soins après minuit aux seules urgences hospitalières. Ces urgences sont saturées par l’afflux de personnes en quête d’une réponse mais dont la pathologie ne relève pas à l’évidence de l’hôpital.
Les centres 15 sont eux aussi assaillis d’appels, victimes de leur succès. Cela rejaillit inévitablement sur la capacité et sur les délais de réponse de la régulation, donc in fine sur la qualité du service et l’efficacité du système global. Mais n’oublions pas que la régulation médicale, au-delà des difficultés qu’elle peut rencontrer localement et que vous dénoncez, a permis d’améliorer de 30% le taux de survie et de diminuer les besoins de réanimation et les séquelles. La régulation médicale doit donc, sans doute, être améliorée, mais ne peut être remise en cause dans son principe.
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Propos du candidat et du Président28 février 2008, par DrSulfit
Pour resoudre le pb, il suffit de faire participer tout detenteur d’un doctorat en médecine à la PDS et non pas seulement les MG libéraux (Spé ou MG sans distinction). Pourquoi certains dorment pepères alors que d’autres abiment leurs coronaires ?
Près de 900 gardes ou astreintes téléphoniques en 5 ans de debut d’exercice ont eu raison de mon devouement : maintenant c’est médecine Gé salariée et MEP exclusive deconventionnée temps tres partiel. Et dire qu’à la base , ce que je prefere est la médecine Gé en semi rural.
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